Bilan Carbone® dans la plasturgie : comment passer de la mesure à l’action ?
Matières premières, énergie, transport, fin de vie des produits… Lorsqu’une entreprise de plasturgie cherche à réduire son empreinte carbone, une question arrive rapidement : par où commencer ?
Le Bilan Carbone® permet justement de sortir des intuitions. L’objectif n’est pas simplement d’obtenir un chiffre en tonnes de CO₂e, mais de comprendre où se trouvent réellement les émissions de l’entreprise, ce qui les génère et sur quels leviers agir en priorité.
Et dans la plasturgie, les résultats peuvent parfois bousculer les idées reçues.
Dans la plasturgie, les émissions ne sont pas toujours là où on les imagine
Quand on parle de décarbonation industrielle, le premier réflexe consiste souvent à regarder la consommation énergétique du site : machines, chauffage, électricité…
C’est indispensable, mais ce n’est qu’une partie du sujet.
Une analyse réalisée à partir des données disponibles sur la plateforme Bilans GES de l’ADEME pour des entreprises relevant du code NAF 22 montre que, dans l’échantillon étudié, les achats de biens représentent 64,7 % des émissions agrégées. Derrière ce poste se trouvent notamment les matières premières.
Viennent ensuite la fin de vie des produits vendus (9,6 %) et le transport de marchandises en aval (5,5 %).
Pour un plasturgiste, mesurer son empreinte permet donc de poser des questions très concrètes :
Quelle matière pèse le plus dans mon bilan ? Peut-on réduire la quantité utilisée ? Incorporer davantage de recyclé ? Faire évoluer un approvisionnement ? Optimiser un transport ? Travailler différemment sur la fin de vie du produit ?
C’est là que le Bilan Carbone® prend tout son intérêt : il permet de savoir où concentrer ses efforts plutôt que d’agir à l’aveugle.
Pourquoi réaliser un Bilan Carbone® sans attendre d’y être obligé ?
D’après les informations déclarées auprès de Polyvia, environ 42 % de leurs adhérents ont déjà engagé une démarche de bilan carbone, à l'échelle de leur site ou de leur groupe.
Toutes les entreprises ne sont pourtant pas soumises à une obligation réglementaire.
En France métropolitaine, le BEGES réglementaire concerne notamment les personnes morales de droit privé employant plus de 500 personnes. Mais pour les entreprises plus petites, le sujet arrive souvent par une autre porte : celle du client.
Questionnaires fournisseurs, appels d’offres, évaluations RSE, EcoVadis, demandes de données environnementales… Les entreprises peuvent être amenées à mieux documenter leur empreinte et leurs engagements, même lorsqu'elles ne sont pas directement concernées par une obligation de réaliser un BEGES.
Le bilan carbone devient alors moins une question de conformité qu’un moyen de disposer de données fiables lorsque l’entreprise en a besoin.
Mais une fois la décision prise, comment s’y prendre ?
Faire un Bilan Carbone® : concrètement, par où commencer ?
Un Bilan Carbone® ne consiste pas simplement à collecter des données et à obtenir un chiffre en tonnes de CO₂e.
La méthode repose aujourd’hui sur 7 étapes, avec un objectif clair : comprendre ses émissions, mobiliser l’entreprise et surtout construire un plan de transition réellement actionnable.
1. Cadrer la démarche
Premier Bilan Carbone® ou nouvelle itération ? Quels objectifs ? Quels moyens ? Qui pilote le projet ?
La première étape consiste à définir le niveau de maturité de l’entreprise, les attentes autour de la démarche et son organisation interne.
Le but : savoir où l’on va avant de commencer à collecter des données.
2. Définir le périmètre
Quel site étudier ? Sur quelle période ? Quelles activités et quelles sources d’émissions intégrer ?
La méthode prend en compte les émissions directes et indirectes de l’organisation. Le périmètre doit donc permettre d’avoir une vision suffisamment complète de ses activités et de ses dépendances.
Dans la plasturgie, cette étape est particulièrement importante : matières premières, énergie, transports, déchets ou encore fin de vie des produits peuvent tous entrer dans l’analyse.
3. Mobiliser les équipes
Un Bilan Carbone® ne se réalise pas seul dans un coin du bureau.
Achats, production, logistique, maintenance, RH, direction… Plusieurs services détiennent les informations nécessaires et peuvent surtout agir ensuite sur les résultats.
La mobilisation des équipes se poursuit tout au long de la démarche : l’objectif est de faire du bilan un projet d’entreprise plutôt qu’un simple exercice de reporting.
4. Comptabiliser les émissions
C’est ici que les données entrent réellement en jeu.
Quantités de matières achetées, consommations énergétiques, kilomètres parcourus, tonnages transportés, déchets générés…
Ces données d’activité sont converties en émissions de CO₂e grâce à des facteurs d’émission. La méthode prévoit également de prendre en compte les incertitudes liées aux données et aux facteurs utilisés.
À la fin de cette étape, l’entreprise obtient son profil d’émissions et peut identifier les postes qui pèsent réellement dans son empreinte.
5. Construire le plan de transition
C’est probablement l’étape la plus importante.
Une fois les principaux postes identifiés, il faut définir :
- des objectifs de réduction ;
- des actions concrètes ;
- une trajectoire cohérente ;
- des indicateurs pour suivre les résultats.
Dans une entreprise de plasturgie, cela peut conduire à travailler sur les matières, l’incorporation de recyclé, l’écoconception, les consommations énergétiques, les fournisseurs, les transports ou encore la fin de vie des produits.
Le Bilan Carbone® ne s’arrête donc pas au diagnostic : il doit permettre de décider où agir en priorité.
6. Restituer les résultats
Le bilan permet de disposer d’une vision structurée des émissions, accompagnée du plan de transition et de ses indicateurs de suivi.
La restitution sert à partager les résultats, embarquer les équipes et préparer la suite de la démarche.
C’est aussi le moment de passer d’une photographie de l’empreinte carbone à une logique d’amélioration continue.
7. Évaluer la qualité du Bilan Carbone®
Dernière étape, facultative : l’entreprise peut choisir de faire évaluer son Bilan Carbone® par des évaluateurs indépendants.
Cette évaluation permet notamment de vérifier le respect de la méthode et la qualité de la démarche engagée. Seul un audit réussi permet de revendiquer un Bilan Carbone® évalué.
Passer de la méthode à l’action
Comprendre les étapes du Bilan Carbone® est une première chose. Les mettre en œuvre dans l’entreprise en est une autre.
Collecte des données, mobilisation des équipes, choix du périmètre, analyse des résultats, construction du plan de transition… selon le niveau de maturité de l’entreprise, les besoins ne sont pas les mêmes.
Polyvia Solutions propose deux approches complémentaires :
Vous souhaitez réaliser ou structurer votre Bilan Carbone® ?
Un accompagnement permet de cadrer la démarche, fiabiliser la collecte des données, identifier les principaux postes d’émissions et construire un plan de transition adapté à votre activité.
L’objectif : ne pas s’arrêter au diagnostic, mais transformer les résultats en actions concrètes et priorisées.
Découvrir notre accompagnement Bilan Carbone® : rse@polyvia.fr
Vous souhaitez gagner en autonomie ?
La formation Bilan Carbone® permet aux équipes de mieux comprendre la méthode, les périmètres à prendre en compte, les données à collecter et la manière d’interpréter les résultats.
Elle peut être particulièrement pertinente pour les entreprises qui souhaitent progressivement internaliser la démarche et la faire vivre dans le temps.
Découvrez notre formation Bilan Carbone® : https://www.polyvia-solutions.fr/formation-plasturgie/formation-definir-son-bilan-carboner-et-mettre-en-oeuvre-sa-strategie-de
Faire de son Bilan Carbone® un outil de pilotage
Le premier bilan constitue une photographie à un instant donné. Mais son véritable intérêt apparaît dans la durée.
Suivre l’évolution des principaux postes d’émissions, mesurer l’impact des actions engagées, réinterroger les priorités : le bilan peut progressivement devenir un véritable outil d’aide à la décision.
Choix des matières, investissements, conception des produits, fournisseurs, transport… les données carbone peuvent alors éclairer des décisions très opérationnelles.
Autrement dit, le sujet n’est pas seulement de connaître son empreinte. C’est de savoir quoi en faire.
Sources : données déclaratives issues du CRM Polyvia · plateforme Bilans GES de l’ADEME, analyse des entreprises relevant du code NAF 22 · Association pour la transition Bas Carbone · article L. 229-25 du Code de l’environnement.